Mon histoire avec une
maladie qui fait peur !
Je
pressentais qu'en 2019, il y aurait un tournant dans ma vie, mais je
n'envisageais pas que ce serait une maladie.
Tout
commence en janvier : j'avais passé une semaine chez mon fils.
Je ressens alors des douleurs diffuses dans le bassin et le dos, de
la fatigue et d'autres symptômes. Je ne pense à rien de grave, donc
je ne m'inquiète pas. Puis, la douleur ne cessant d'augmenter, je
prends rendez-vous chez le médecin à la fin du premier trimestre.
S'ensuivent des examens de routine, qui sont négatifs. Le médecin
m'envoie alors faire un scanner. A la lecture des résultats, le
radiologue me fixe, d'office, un rendez-vous dans les jours qui
suivent pour une échographie et, sans me dire pourquoi, il me
demande de consulter rapidement un chirurgien gynécologue.
Nous
voilà fin avril : le parcours du combattant a commencé !
Je
rencontre le chirurgien qui, après auscultation, m'informe qu'il va
devoir procéder à une biopsie. Celle-ci a lieu le 7 mai et est
suivie d'une IRM le 20 mai. Jusque là, je ne comprends
toujours pas ce qui se passe, hormis que c'est sérieux. La seule
chose qui me préoccupe, c'est de soulager la douleur qui monte
crescendo.
Le 25
mai, je rencontre à nouveau le chirurgien, qui a reçu les bilan de
la biopsie et résultat de l'IRM.
« Vous
avez un cancer du col de l'utérus avancé, les ganglions sont
atteints, ainsi que deux autres organes. On ne peut pas opérer, ce
serait trop risqué. Je ne veux pas vous donner de faux espoirs »,
m'a t-il dit.
Le
verdict est tombé !...Je ressors de son bureau en pleurant
...j'ai 57 ans.
Après
avoir quitté la clinique, je téléphone à ma maman pour lui
annoncer la nouvelle. Ensuite, je fais les courses que j'avais
prévues dans ce quartier, tout en retenant mes larmes. En marchant,
mes pensées se bousculent : Comment vais-je l'annoncer autour
de moi ? Arriverai-je à supporter le regard des autres ?
(J'avais peur d'être confrontée à de l'apitoiement, ce qui pouvait
être fatal à ma foi). Y a t-il un péché que je n'aurais pas
confessé au Seigneur Jésus ? Pourquoi Dieu permet-Il cela ?
Vais-je mourir ? ...
Je
pense alors à Jésus qui dit à Pierre : "En vérité,
en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais
toi même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux,
tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu
ne voudras pas." (Jean 21:18) Je ne sais pas où
je vais, mais je dois avancer. La situation m'échappe complètement.
Une chose est sûre : je dois choisir comment je vais avancer !
Je veux voir le Seigneur Jésus dans toute sa beauté, même dans
cette épreuve. Je pense également aux amis de Daniel qui ont
répondu au roi : "Voici, notre Dieu que nous servons
peut nous délivrer de la fournaise ardente, et nous délivrera de ta
main, ô roi. Sinon, saches, ô roi, que nous ne servirons pas tes
dieux, et que nous n'adorerons pas la statue d'or que tu as
élevée". (Daniel 3:17-18) C'est clair que je ne dois
pas laisser le désespoir s'installer et vaincre ma foi.
En
rentrant à la maison, après avoir serré ma maman très fort et
pleuré avec elle, je monte dans ma chambre et commence à parler au
Seigneur Jésus. Puis j'envoie un message au pasteur pour le lui
dire. Dès réception, il me rappelle. Il était choqué, mais il m'a
dit que c'était dans l'adversité que l'on pouvait voir la gloire de
Dieu ! C'est tellement vrai. Je lui explique que je ne veux pas
d'apitoiement et que, dans un premier temps, peu de personnes soient
au courant. Il a prié pour moi.
Le 18
juin, je suis hospitalisée pour une lymphadénectomie lombo-aortique
(curage des ganglions) et la pose d'une chambre implantable qui
servira notamment à l'injection du produit de chimiothérapie. Je
suis mise en arrêt de travail un mois, mais il sera prolongé durant
un an et demi.
Par la
suite, je rencontre l'oncologue, qui met en place mon traitement :
chimiothérapie, radiothérapie puis curiethérapie à l'institut
Gustave Roussy.
Entre
temps, j'ai de plus en plus de mal à gérer la douleur qui dure
depuis des mois, nuit et jour. Elle ne disparaîtra qu'après
quelques séances de radiothérapie. Une sœur de mon assemblée,
pharmacienne, me donne de bons conseils pour associer les antalgiques
et éviter les surdosages.
A
partir de là, mon parcours est jalonné de nombreux IRM, TEP SCAN,
SCANNER, visites médicales, analyses etc...
Je
commence la chimiothérapie au cisplatine (un produit très
toxique pour les reins) et, parallèlement, la radiothérapie, en
juillet. Il faut également ajouter des injections de cortisone pour
limiter les effets secondaires. Cela durera jusqu'en août.
Mi
septembre, après 15 jours de pause, je suis envoyée à l'institut
Gustave Roussy, à Villejuif, pour la curiethérapie. Celle-ci se
déroule sur 5 jours et 4 nuits, au cours desquels je ne peux
absolument pas me lever : tout a été prévu pour adapter mon
régime alimentaire. À part le personnel médical, paramédical
et d’entretien — qui passe toutes les demi-heures, jour et nuit,
lorsque la machine ne diffuse pas ses rayons — aucune visite n’a
lieu. Compte tenu de la distance et du temps imparti, j’ai préféré
demander à mes proches de ne pas se déranger.
Fin
septembre 2019, le traitement est terminé. Les contrôles réguliers
ont duré jusqu'en 2025, année au cours de laquelle j'ai revu le
chirurgien qui m'a réopérée pour me retirer la chambre
implantable.
J'ai
choisi d'évoquer brièvement la maladie et son traitement, car
derrière ces lignes se cache un chemin de vie dans la victoire plus
important : il témoigne de l'Amour de DIEU pour moi mais aussi
pour le monde.
Comme
je l'ai partagé plus haut, il m'a fallu prendre position et décider
de la façon dont j'allais vivre cette période, quelle qu'en soit
l'issue. La première étape a été de vérifier si quelque chose
pouvait interférer dans ma relation avec Dieu.
Les
premiers jours étaient difficiles : Je voulais demeurer dans la
vie, mais la douleur, que j'avais de plus en plus de mal à soulager,
venait me rappeler qu'il y avait un problème. Cela faisait monter en
moi des pensées négatives. Je devais combattre : cette
bataille était spirituelle.
Est-ce
que je faisais confiance à Dieu ?
Si
c'était le choix de Dieu de me reprendre à ce moment là, étais-je
prête ?
Est-ce
que j'acceptais ?
J'ai
dit à Dieu que j'acceptais la mort pourvu que je me retrouve auprès
de Lui. Dès ce jour, j'ai pu vivre cette période autrement.
Mon
corps s’abîmait à l'intérieur, mes forces diminuaient avec les
injections de chimiothérapie, j'avais des effets secondaires avec
les traitements... mais j'avais la paix. J'ai continué à
assister aux réunions de l'église presque jusqu'au bout et, malgré
l'immense fatigue due à la chimio, je mettais tout mon cœur et
toutes mes forces à louer Dieu. Ma vie d'enfant de Dieu ne s'était
pas arrêtée. Le Seigneur m'a toujours donné la capacité.
Lorsque
je n'avais ni le goût ni la force de prier, Dieu était là, dans
mon cœur, avec sa parole qui m'encourageait, me fortifiait : elle
arrivait toujours à point nommé. Je me suis sentie portée. Ma
maman et les bien aimés de mon assemblée ont prié pour moi, ont
pris des nouvelles, m'ont rendu des services pratiques, sont venus
chanter des louanges à la maison ; les jeunes m'ont visitée.
Le
personnel médical que j'ai rencontré a toujours manifesté une
grande bienveillance et le taxi ambulance, qui m'a conduite par deux
fois à Gustave Roussy, a été une aide précieuse également.
Lorsque
je croisais d'autres malades en soin, je me sentais profondément
privilégiée de pouvoir traverser la vallée de l'ombre de la mort
sans craindre aucun mal, car Jésus-Christ était avec moi (psaume 23:4), contrairement à ceux qui n'avaient pas d'espérance.
Il
est douloureux de constater que la solution existe, mais que le monde
la rejette et préfère demeurer dans la souffrance.
Beaucoup
plaçaient leur confiance uniquement dans les traitements. Mais
ceux-ci n’offraient aucune garantie : si le bilan sanguin était
mauvais, le patient devait rentrer chez lui et attendre de voir si la
prochaine séance pourrait avoir lieu. Et parfois, la maladie
récidivait ou se propageait. Ces personnes vivaient ainsi avec une
véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête.
J'ai
eu l'occasion de témoigner de Jésus Christ à plusieurs, pendant
toute cette période : chirurgien, oncologue, malades,
médecins …
Certains
pourraient dire :
« Où
est l'Amour de Dieu dans tout ça ?»
« Si
ton Dieu t'aime, pourquoi a t-il permis cette maladie ?»
« S'Il
est tout puissant, Il aurait pu te guérir ! »
Moi,
j'ai vu Son Amour partout – et je ne peux pas tout décrire, car ce
serait trop long.
Mon
Dieu m'a permis de marcher sur les lieux élevés, d'entrer dans une
dimension de foi, dans Sa dimension. J'ai expérimenté que lorsque
l'on s'abandonne entre Ses mains, on peut tout traverser, car c'est
Lui qui prend le relais en nous. Il m'a fait vivre Sa présence à
chaque instant (2 Corinthiens 4:8), Il m'a donné la joie et la paix
malgré tout. J'ai pu vivre cette maladie sans la subir. S’Il
m’avait guérie sans passer par le traitement — car, au fond,
c’est toujours Dieu qui guérit (Psaume 103:3) — cela aurait été
merveilleux. Mais je n’aurais pas connu cette victoire sur
moi-même ni rencontré toutes ces personnes à qui j’ai pu
témoigner de la véritable solution au mal : Jésus-Christ. (jean 3:16-17)
Cette
épreuve m’a rapprochée de Dieu.
Vous
pourriez encore argumenter en disant :
« Les
traitements ont détruit certaines parties de toi. »
Imaginez
que Dieu m’a permis de vivre ce que la plupart des hommes
redoutent le plus — et de le faire sans être anéantie. Mon
Dieu est souverain et infiniment sage (1 Corinthiens 1:25). J’ai
certes subi des pertes dans ma chair, preuve que l’homme, dans ses
limites, ne peut rien produire de parfait. Seul le Créateur
incarne la perfection. Mais en échange, j’ai remporté de
précieux trésors spirituels. Notre corps, voué à la
corruption, s’efface avec le temps… mais notre esprit est destiné
à l’éternité (Matthieu 6:19-20).
Dieu
nous aime et Il a ouvert ses bras d'Amour pour vous aussi qui lisez
ces lignes, par Jésus-Christ. Ne ratez pas un si grand salut.
Mireille